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Je ne tiens pas ta main
Je n’y attache pas la promesse des livres
Tu ne rencontres pas tous mes vœux quand je dors
Et ton corps amoureux reste une heure à revivre
Reste un éclat sans défaut dans un double désert

Je n’ai jamais attendu le partage
Ni la force jaillie des semi-confidences
Ni l’abandon périlleux d’où s’invente l’aisance
Qui détourne deux voies vers un doux lieu commun
Je n’ai jamais tenu qu’à mon propre voyage

J’ai préféré un temps les orgies du mensonge
Et la guerre des faims qu’aggravait chaque don
Mais avinée d’illusions j’ai repris avec toi
La clarté des chemins que l’on trouve à part soi
Cultivant des envies sans prison ni substance

En effleurant ta main
Comme un geste impatient entre deux traditions
Se dessine demain
Mais peut-on être plus libre
Encore.