Années Zéro

Le sorbier l’aubépine l’églantier la benoîte
Les obsessions fictives d’un monde embobiné
Enfoncent dans nos vies les échardes adéquates
Pour une grande asphyxie de la parole donnée

Il est un jeu de nuits mortel
Où revoir un ami nous coûte
Le prix d’un verre ou d’un hôtel
Ou d’un cinoche ou d’un casse-croûte

Les ronces d’une existence utile
Entrent dans nos cœurs sérieux
Et nous ressortent par les yeux
Barbelés progiciels reptiles

Le sorbier l’aubépine l’églantier la benoîte
Les obsessions fictives d’un monde embobiné
Enfoncent dans nos vies les échardes adéquates
Pour une grande asphyxie de la parole donnée

Les moyens pour payer pour des
Services ou plaisirs imprévus
Des sorties des choses des octets
Fleurissent nos terres mais polluent

Celles du prochain ceux qui n’ont qu’à
Mendier nous semblent dangereux
Nous cultivons notre chez-soi
Polis nous ignorons les gueux

Le sorbier l’aubépine l’églantier la benoîte
Les obsessions fictives d’un monde embobiné
Enfoncent dans nos vies les échardes adéquates
Pour une grande asphyxie de la parole donnée

Pour ne plus avoir faim
Nous assumons des états d’âme
D’orchidées nourries sans témoin
Ni sève ni minéraux ni drame

Il est un bruit de feu cruel
Celui que feront nos corolles
Nos amitiés artificielles
Nos insoumissions en parole

Le sorbier l’aubépine l’églantier la benoîte
Les obsessions fictives d’un monde embobiné
Enfoncent dans nos vies les échardes adéquates
Pour une grande asphyxie de la parole donnée

Eva Lee